Frère Charles, Frère pèlerin

Frère Charles, un électron libre sur le chemin

Il y a des figures, des personnages sur le chemin… qui, lorsqu’on les rencontre, ne nous laisse pas indifférent. Frère Charles, fait parti de ceux là.

Frère Charles est rattaché à l’ordre des trappistes il bénéficie d’un statut un peu particulier, il est frère pèlerin. L’homme sait se faire discret et ne fait que rarement état de son statut. Comme il aime à le rappeler, il n’est pas sur le chemin pour évangéliser les randonneurs ou porter la parole divine, mais simplement là, pour cheminer un peu avec les gens qu’il rencontre. Il aime écouter, échanger et partager sa vision du monde, du chemin, de la religion, de la foi. Il n’est pas sur le chemin pour faire du prosélytisme.

Aujourd’hui, Frère Charles parcours le chemin de St-Jacques, en long en large et en travers. Il a pour mission secrète (tout comme James Bond 007), à la demande de l’évêque du Puy en Velay, d’avoir un regard critique et d’analyse sur ce qu’est le chemin aujourd’hui. Alors quand les beaux jours arrivent, il se met en chemin pour découvrir les différentes facettes de ce chemin séculaire. L’hiver, il n’est pas totalement fou, il s’arrête de marcher pour rejoindre sa communauté en Ardèche, à Notre dame des neiges.

Frère Charles,  Frère pèlerin

Frère Charles, c’est quelqu’un. Avec sa gouaille et son franc parler, il n’hésite pas à aborder toutes les questions de la vie. Qu’il s’agisse de religion, de politique ou même de sexe… Frère Charles n’est jamais en reste pour remettre l’humain (et tout ce qui va avec) au centre des conversations.
Il faut dire que Frère Charles est rentré dans les ordres assez tard. Il a tout simplement vécu comme tout homme ordinaire, avant de consacrer sa vie à Dieu. Il a donc une expérience de la vie, qui le rend unique dans son genre.
Pendant la saison, il parcourt les chemins de pèlerinage, pour observer, écouter, soutenir, encourager, aider…
Ceux qui l’ont rencontré sont unanimes pour dire que c’est un homme au grand cœur, d’une grande générosité et simplicité, d’une humilité dont certains devraient s’inspirer et d’une culture, toujours plaisante à écouter.
C’est un homme, qui malgré sa verve, ses petites provocations bien senties, vous amène sur le chemin de la réflexion intérieure, sans l’arrière pensée de vouloir vous faire aller à la messe de dimanche prochain.
Il aime faire croire ce qu’il n’est pas, il aime jouer avec les mots… et même s’il a fait du droit canonique, il est plutôt spécialisé dans l’approche autour d’un canon. Peut être au hasard d’un chemin, le croiserez vous… il n’a pas l’apparence de ce qu’il est, mais soyez sur d’une chose, c’est qu’il distribue de la bonne humeur et de la joie de vivre sans compter.
Si vous le rencontrez, allez à sa rencontre… c’est aussi lui le chemin.

Un article proposé par Benoit

Hébergeur depuis plus de 10 ans sur la voie du Puy, randonneur et passionné de nouvelles technologie

Comments:1

  1. Bonjour frère Charles,
    Vous m’avez envoyé un SMS à propos du chemin que j’ai fait du 13 mai au 27 juin 2012 d’Annecy à Moissac. J’étais seule et heureuse de faire ces 7 semaines de marche qui devaient m’amener jusqu’à St Jean Pied de Port, mon but. Je souhaitais faire un ressourcement dans ma vie avant d’attaquer la « retraite ». Fin juin, ralentie par quelques tendinites je suis retournée à Annecy depuis Moissac, heureuse…mais hélas, une cruelle nouvelle m’attendait au retour. Notre fils ainé Damien est décédé d’un accident de piéton, de pas de chance, à Millau avant que je puisse le revoir, le 1er juillet 2012. Toutes mes prières à Marie sur le chemin, ont pris par la suite un sens nouveau de préparation à cet événement douloureux, la mort de notre fils de 33 ans nous quittant juste avant son mariage, plein d’amour et de sérénité il a brutalement rejoint le Père.
    J’ai commencé d’écrire cette histoire car cela me fait du bien de mettre mes pensées sur papier.
    Je dois dire que concernant le chemin lui même, j’ai été très enchantée par la nature, les rencontres, les accueils, la prévenance de certains hôtes pour les pèlerins de toutes sortes. A tel point, qu’après notre malheur, j’ai eu envie ou besoin de retourner avec mon mari cette fois, dans un accueil chrétien près de Conques qui m’avait sidérée. Une sorte de mère Térésa du chemin, multitâches, multisoignante et très priante. Nous sommes allés faire les hospitaliers chez elle pendant 10 jours, accueillir les pèlerins et soigner nos âmes.
    J’ai encore bien des choses à dire et ai déjà écrit les premières pages de mon récit.
    Je ne sais pas si c’est tout à fait ce que vous me demandiez car je n’arrive plus à retrouver votre SMS.
    C’est drôle, il est arrivé au bon moment, moment où avec cet anniversaire douloureux nous revivions très intensément ces jours de séparation, moment de désespoir.
    Merci donc Fr. Charles !
    Amicalement,
    Anne Mercier

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